Vieillir mais en bonne santé, c’est l’objectif après lequel nous courons tous. Objectif d’autant plus essentiel qu’on estime qu’il y aura 200 000 centenaires en France en 2060 et que d’ici 2050, la population âgée de 60 ans aura plus que doublé.

Le bien-être est considéré aujourd’hui comme le critère essentiel du vieillissement en bonne santé.
C’est le sujet d’une étude réalisée par une équipe Allemande de Munich et menée sur 3600 participants, âgés en moyenne de 73 ans qui s’est intéressée à évaluer les facteurs de risque associés à un faible  niveau de bien-être.

L’analyse a porté d’un côté sur les données d’anxiété, de dépression et de troubles du sommeil et de l’autre sur les niveaux de bien-être subjectif, évalués par une échelle de qualité de vie.

Les participants ont été répartis en 2 groupes, selon que le score de bien-être subjectif était élevé ou faible.

L’analyse a montré des résultats d’ensemble plutôt positifs, avec un niveau élevé de bien-être subjectif chez 79% des répondants hommes et femmes.

Les facteurs de risque chez les participants qui avaient un niveau de bien-être faible étaient un faible revenu, une inactivité physique, de nombreuses maladies, une dépression, de l’anxiété et des troubles du sommeil.

Des femmes plus exposées à la solitude

Toutefois, l’étude a pointé une différence entre les femmes et les hommes sur le niveau de bien-être. Les femmes, avec un faible score de bien-être étaient significativement plus nombreuses que les hommes (23.8% vs 18.2%).

C’est l’impact du stress émotionnel lié la solitude chez les femmes, au cours du vieillissement qui serait corrélé à ces résultats.

Cette étude a 2 enseignements intéressants.
Le premier est que le vieillissement n’est pas inévitablement associé à un déclin de l’humeur et de la qualité de vie mais qu’à l’inverse les facteurs psychosociaux tels que la dépression, l’anxiété ou les troubles du sommeil altèrent sérieusement le bien-être subjectif.

Le second est que chez les femmes, le fait de vivre seul augmente considérablement le risque de perte de bien-être et de qualité de vie perçue. C’est toujours le lien social qui est un élément déterminant de bien être et de qualité de vie (cf mon post du 13 juin 2017)

Ces résultats soulignent la nécessité de multiplier les interventions auprès des personnes âgées, en particulier auprès des femmes âgées qui vivent seules.

Car on sait que le  bien-être subjectif conduit à la réduction du taux de mortalité.

Enfin, cette étude est un appel à plus de recherches sur les facteurs qui favorisent, à l’âge avancé, une attitude positive envers la vie, en dépit du vieillissement et de l’appauvrissement fréquent des contacts sociaux.

Source : “In the mood for ageing”: determinants of subjective well-being in older men and women of the population-based KORA-Age study

 

A propos de l'auteur

Médecin, micro-nutritionniste, médecin du sport, je suis passionné par la médecine préventive, la prévention du vieillissement, la longévité et l’étude des comportements santé. Je suis l'auteur du Grand Livre des Secrets de la Longévité, sorti le 29 mai 2018 aux Editions Leduc.s.

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