Gros buzz semaine dernière dans les médias, suite à la découverte chez les Amish, communauté religieuse des Etats-Unis, d’une mutation génétique très rare. Cette mutation explique leur longévité exceptionnelle et ouvre ainsi la voie à de nouvelles recherches sur les maladies liées au vieillissement.

On le sait, pour être centenaire ou super centenaire, il faut réunir plusieurs conditions. Etre en bonne santé, avoir un comportement santé exemplaire et être également équipé d’un capital génétique exceptionnel.

La génétique, c’est le sujet qui a mobilisé une équipe de chercheurs de Chicago. Cette étude, dont les conclusions ont été révélés mercredi dans la revue Science Advances a été menée auprès de 177 Amish âgés de 18 à plus de 85 ans et appartenant à la communauté de Berne, dans l’Indiana (nord des Etats-Unis).

Une espérance de vie augmentée de 10 ans

Au sein de cette population, 43 hommes et femmes étaient porteurs de la mutation du gène Serpine1. Ce gène code la production d’une protéine dénommée PAI-1 qui est impliquée dans les processus de vieillissement. La mutation observée est donc responsable d’une forte réduction de la production de cette protéine et ces 43 Amish étaient en meilleure santé et vivaient en moyenne dix ans de plus (soit 85 ans en moyenne) que leurs congénères privés de cette variation génétique. Leur profil métabolique était aussi meilleur et ils étaient moins atteints de diabète et de maladies cardiovasculaires. Ils ne se contentent pas de vivre plus longtemps, ils vivent en meilleure santé.

Les chercheurs ont également constaté que les télomères de leurs cellules immunitaires étaient en moyenne 10 % plus longs. Les télomères, je vous le rappelle sont au coeur des processus du vieillissement (cf mon post du 3 juillet dernier). Ce sont de petits capuchons posés sur les extrémités des chromosomes, comme ceux que l’on observe au bout des lacets de chaussure. Ils raccourcissent au fil du temps et sont un marqueur potentiel de certaines maladies associées au vieillissement…et de la longévité.

La communauté Amish dans l’Indiana a émigré de Suisse vers les US au 19ème siècle. La mutation aurait été introduite par 2 descendants des fermiers Suisses qui se sont mariés avec membres de la communauté. Compte-tenu du comportement isolé de cette communauté, la mutation s’est installée. Et aucune autre communauté Amish n’est porteuse de cette mutation

Une pilule de longévité en développement

Compte-tenu de cette extraordinaire découverte et de son potentiel pour intervenir sur le vieillissement, la Northwestern Université a développé un partenariat avec Tohoku University au Japon pour développer une pilule de longévité qui mime les effets de la mutation Serpine1 en inhibant la production de la protéine PAI-1. Le médicament est déjà un phase II au Japon et l’équipe vient de déposer une demande d’autorisation auprès de la FDA, agence du médicament américaine, pour pouvoir le développer aux US. Ils prévoient également de tester ce médicament dans le diabète de type 2 et dans l’obésité.

Bon, vous savez ce qui vous reste à faire ! Pour vous, attendre la sortie de ce médicament mais ça ne sera pas tout de suite. Ou sinon épouser une Amish de la communauté de Berne et espérer que vos futurs enfants porteront la mutation…..mais ça ne va pas être simple.
A suivre !

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Source :

A null mutation in SERPINE1 protects against biological aging in humans

A propos de l'auteur

Médecin, micro-nutritionniste, médecin du sport, je suis passionné par la médecine préventive, la prévention du vieillissement, la longévité et l’étude des comportements santé. Je suis l'auteur du Grand Livre des Secrets de la Longévité, sorti le 29 mai 2018 aux Editions Leduc.s.

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3 Réponses

  1. gallois

    Des gènes qui viennent de Suisse donc plutôt faciles à tracer.
    Ça ouvre en effet des tas de perspectives cette histoire.
    F

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  2. Tony Savdié

    Trop d’heureux hasards empilés les uns sur les autres, a mon goût: les Amish technophobes se laissent étudier, on trouve l’aiguille génétique dans cette meule de foin humaine et on en tire la conclusion qu’ils vivent dix ans de plus que les autres alors que l’échantillon n’inclut pas seulement des individus de 85 ans portant le gène suisse. La longévité des technophobes ruraux ne serait elle pas tout bonnement liée a un style de vie tranquille et en harmonie avec leur communauté et leur environnement? Évidemment c’est moins facile à mettre dans une pilule et beaucoup moins facile a vendre. Je me méfie.

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    • Pascal Douek

      Tu as raison, il y a une participation génétique mais le mode de vie intervient également. Dans cette étude les Amish qui avaient la mutation vivaient plus longtemps et en meilleure santé que les Amish de la même communauté qui ne portaient pas la mutation….

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