L’étude PURE qui avait fait sensation à l’ESC (European Society of Cardiology) en bousculant les dogmes nutritionnels (cf mon post du 1er septembre 2017 ), s’est aussi intéressée à l’activité physique et sa corrélation avec l’apparition de maladies cardiovasculaires et la mortalité.

En suivant une cohorte de 130 000 patients, âgés de 35 à 70 ans, sur 17 pays à la fois, riches et pauvres et sur une durée à de 6 à 9 ans, l’étude PURE (Prospective Urban Rural Epidemiology) pilotée par une équipe de chercheurs de l’université McMaster au Canada, est arrivée à la conclusion suivante : plus on fait de l’exercice, plus on en retire un bénéfice santé sur la réduction du risque de maladie cardiaque ou de mort prématurée.

Si ces résultats confirment ce que l’on sait déjà, à savoir que toute activité physique est bonne pour le corps et le coeur, cette étude est intéressante à plus d’un titre.

Tout d’abord, elle considère l’exercice physique dans sa globalité. Que l’on pratique de la gymnastique, que l’on marche pour se rendre à son travail, pour faire ses courses, que l’on s’attaque aux tâches ménagères ou que l’on jardine, le bénéfice santé est réel à condition qu’il soit pratiqué au moins une demi-heure par jour, 5 jours par semaine.

Des bénéfices même en cas d’activité physique intensive

Ensuite, cette étude n’a pas trouvé d’effet plafond sur le bénéfice de l’exercice. En effet, jusqu’à présent la notion de sport intensif était parfois corrélée à un risque santé. Ce n’a pas été le cas dans cette vaste étude. Plus le temps d’exercice hebdomadaire était élevé, plus les bénéfices étaient importants, Et ceci était vrai pour un niveau d’exercice physique très élevé, atteignant plus de 41 heures d’exercice hebdomadaire. Que les sportifs intensifs se rassurent !

Les taux de décès, de crise cardiaque et d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) ont diminué considérablement avec l’augmentation des niveaux d’activité physique. Les taux de mortalité ou d’événements majeurs cardiovasculaires (tels qu’accident vasculaire cérébral, crise cardiaque ou insuffisance cardiaque) se sont élevés à :

  • 9,46/1.000 dans le groupe à faible activité (moins de 150 min par semaine)
  • 7,14/1.000 dans le groupe à activité modérée, (de 150 à 750 min par semaine)
  • à 6,60/1.000 dans le groupe d’activité physique élevée (plus de 750 min par semaine).

L’adhésion aux recommandations de pratiquer au moins 30 min d’activité par jour soit 150 min d’exercice par semaine, quel que soit l’exercice ou l’activité pratiquée,  permet de réduire de 20 à 30% son risque de décès de cause cardiovasculaire et son risque global de décès par 8%.

Si seulement 3 % des personnes suivies atteignent ce niveau pendant leur temps de loisirs,  38% le font grâce à leurs activités quotidiennes non sportives.

Pour les investigateurs de l’étude PURE, il faudrait réintroduire les activités non sportives pour tous. En effet, ils ont mis en avant des différences importantes entre les pays à haut et à bas PNB. Ainsi, si l’activité physique de loisirs augmente avec le PNB, dans le même temps, l’activité physique non sportive (activités professionnelle et domestique, transports…) diminue fortement. Les pays riches ne regagnent ainsi dans les loisirs qu’environ un quart de l’activité perdue à travers la sédentarisation professionnelle et la motorisation des transports.

Les résultats de ce volet activité physique viennent d’être publiée dans la fameuse revue The Lancet.

Source :

The effect of physical activity on mortality and cardiovascular disease in 130 000 people from 17 high-income, middle-income, and low-income countries: the PURE study

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A propos de l'auteur

Médecin, micro-nutritionniste, médecin du sport, je suis passionné par la médecine préventive, la prévention du vieillissement, la longévité et l’étude des comportements santé. Je suis l'auteur du Grand Livre des Secrets de la Longévité, sorti le 29 mai 2018 aux Editions Leduc.s.

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